Rien de grave

dimanche 17 juin 2007
par  Gauz
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En novembre 2004, l’armée ivoirienne tuait 8 soldats français lors d’une offensive aérienne sur Bouaké. En riposte, l’armée d’occupation française détruisit toute la flotte aérienne de Côte d’ivoire et dans leur grand élan de réussite, tirait à l’arme lourde depuis des hélicoptères sur une foule de manifestants dangereusement armés de gourdin et de machettes. Les bilans les plus laxistes parlent de 60 morts. Les manifestations antifrançaise qui s’en suivirent se soldèrent par le pillage de villas d’expatriés français dont on attend toujours les plaintes auprès de la justice ivoirienne. Réaction du Gauz...

Difficile de se retenir devant la litanie de crétineries dont nous inonde la presse (coloniale) française ! À l’heure où nombre de mes amis veillent devant les chars et les mitrailleuses de l’armée (coloniale) française, je ne vais pas me priver de ses quelques mots… Lors des manifestations anti-françaises de 2002 à Abidjan, la presse (coloniale) française nous avait abreuvés de témoignages poignants et larmoyant de pauvres réfugiés français d’Abidjan qui pleuraient leur désarroi d’être abandonné à la soif de sang et de pillages de nègres enragés. Ils avaient promis qu’ils quittaient définitivement ce pays qui d’ailleurs n’était plus aussi prospère qu’au bon vieux temps (coloniale). Suivirent alors des reportages à Roissy où se bousculaient une foule de français qui rentraient d’Abidjan avec armes et bagages. Le terminal E, fraîchement achevé, était débordé. Il (le terminal bien sûr) avait eu le patriotisme de ne pas céder [1]à ce moment là ; dressons les plumes gaulois ! 14.000 français vivaient à Abidjan. Aujourd’hui, plus de 2 ans après ce premier exode, rebelote. Des nègres se fâchent (on reviendra une autre fois sur les raisons, mon propos d’aujourd’hui est ailleurs), ils ont subitement envie de casser du français (colonial), ils se précipitent dans les rues, bravent les hélicoptères crachant le feu, les chars rugissants, et les Famas (kalachnikovs version camembert) et… vont piller les villas des descendants de vercingétoclitoris le loser d’alésia !

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Les journalistes (coloniaux) interrompent à regrets leurs week-end pluvieux, courent aux rédactions (coloniales) fouillent les fonds de tiroirs, et nous ressortent les mêmes que la dernière fois : l’hystérique qui a caché ses enfant dans les toilettes « pour les protéger » ; l’hypochondriaque qui cherche désespérément un « îlotier » [2] introuvable ; les solidaires qui se regroupent sur les toits pendant que les hordes pillent le rez-de-chaussée, le maniaque qui rappelle automatiquement les numéros d’urgence de l’ambassade (coloniale) mais trouve systématiquement le standard de France Info (coloniale) ou RFI (Radio Foutaises Intercoloniales)… Cette fois en plus, il y a la touche qui va enfler le tirage, l’escalade dramaturgique qui va doper l’audimat, le rebondissement qui va augmenter la masse de cerveaux disponibles : du sang. Oui du bon sang bien rouge vif. Avec de l’hémoglobine de Bourg-en-bresse, de l’hématie de Châteauroux, de l’agglutinine de La ferté-sous-Jouarre. Vingt dieux ! 8 soldats (coloniaux) français sont morts sous les bombes traîtresses de l’aviation des ces sauvages empantalonés. L’armée (coloniale) ripostera fermement : tout ce qui vole dans le ciel de ce pays de fou, et n’est pas frappé du macaron tricolore, a été anéanti. Dressons les plumes, gaulois ! Ces gens là ne devraient pas faire joujou avec des engins aussi dangereux ; Des nègres dans des avions ukrainiens tirant sur des soldats français ! Et puis quoi encore ! Ils devraient être juste dans leurs champs de cacao ou alors alignés devant les caissières acariâtres du FMI pour demander des crédits ou des allégements de créances…

Ne nous dispersons pas et continuons notre propos… La tâche des forces armées (coloniales) s’annonçait facile cette fois là, avec le travail qu’avait déjà accompli le sus cité Terminal E pour l’accueil des miraculeux compatriotes du pogrom précédent. Mais ô surprise, il y a encore 14.000 français à Abidjan. Étrange arithmétique digne d’un bureau de vote floridien. Que s’est-il passé entre temps ? Ou bien ils (les colons expropriés molestés et chassés) sont maso à l’extrême (on attend les instituts de sondages -coloniaux— très réputés, pour en calculer le pourcentage exact). Ou bien ils (les colons expropriés, molestés et chassés) venaient seulement en vacances de ski et étaient contents de connaître leur bout de gloire loftstorystique devant la pléthore de caméras et de micros qui leur étaient tendus. Ou bien ils (les colons expr...) ont été remplacés par d’autres colons totalement irresponsables et complètement téméraires. Ou bien quelqu’un ment dans l’histoire. Mystère et chewing-gum Tarzan [3].

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LA CITATION DU JOUR : arrachées par des Sukhoï 25 au chef d’État major des armées françaises (rien de moins). « Nos soldats ont pu blesser ou tuer quelques personnes lors des affrontements à Abidjan ». Merci pour l’info mon général. À part ça, rien de grave.

GauZ


[1] Quelques mois plus tard, le Terminal 2E de Roissy s’effondra « sous le poids des économies » qu’on fit en le construisant. Une ivoirienne y perdit la vie.

[2] Dans les pays africain à forte présence française, un « ilotier » est un expatrié comme les autres qui a la charge dans un secteur donné de recenser toutes les maisons où vivent des français. En cas de trouble, les militaires s’appuient sur eux pour les évacuations

[3] Chewing-gum abidjanais qui colle aux doigts et dont il est difficile de se débarrasser.


Commentaires  (fermé)

lundi 9 juillet 2007 à 21h06

"Ou bien ils (les colons expr...) ont été remplacés par d’autres colons totalement irresponsables et complètement téméraires. "

LOL je suis arrivé en 2004 à Abidjan, juste que ca ait bien canardé ! :)

A toi de voir si tu me ranges dans les colons totalement irresponsables et téméraires ! :)

Stéphane Bro’ ! :)

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